
Depuis hier Dimanche, de nouvelles mesures disciplinaires concernant les collèges et lycées ont été mis en place par le Ministère de l’éducation, à la faveur de la nouvelle rentrée scolaire 2014.
Ces nouvelles mesures ont été adressées dans une note aux chefs d’établissements, comme suit …
il est exigé d’interdire aux élèves (filles) de se maquiller ou de porter des vêtements extravagants dans les enceintes des écoles. Pour réhabiliter l’école algérienne et exiger le respect dans ces établissements scolaires, la ministre de l’Education a pris des décisions audacieuses en interdisant aux filles de porter des vêtements courts, de se maquiller, de tirer les cheveux et de porter des talons hauts tout comme elle a interdit aux garçons de porter des pantacourts, ou encore des jeans « tombés ». Les personnels administratifs et les élèves devront se conformer à cette mesure dès la rentrée des vacances d’hiver.
La ministre de l’Éducation, Mme Nouria Benghabrit, a expliqué que son ministère ne faisait qu’appliquer des dispositions de la loi sur l’orientation scolaire et qu’elle ne comptait nullement porter atteinte aux libertés des élèves.
Il convient de souligner que la décision a été favorablement accueillie par la communauté éducative, d’autant que des familles algériennes estiment ne pas avoir tort en encourageant leurs enfants à s’habiller de manière décente.
« Je suis dans l’éducation depuis plus de vingt ans… Je dois dire que cette génération est très différente. Les élèves sont très précoces… J’estime qu’on ne peut pas venir à l’école maquillée ou en tenue extravagante. L’école n’est pas un lieu où s’exhibe la mode. Quand je dis cela, c’est valable aussi pour les garçons. Je pense qu’il était temps que le ministère réagisse », souligne t-elle en racontant qu’une enseignante s’est vue infliger un « blâme écrit » pour avoir simplement demandé à des collégiennes de s’habiller correctement. Son collègue, professeur de mathématiques, nous a précisé que « la réaction contre les tenues indécentes n’atteindra pas son objectif sans un assainissement des mœurs et sans un retour à l’éducation dans nos familles, écoles, collèges » explique-t-il, en faisant remarquer que la plupart des tenues indécentes ne sont pas fabriquées en Algérie, mais importées de l’étranger. « Elles se vendent dans des magasins bien connus ».
Par ailleurs, La plupart des parents estiment que cette mesure est justifiée. Noureddine, père de deux enfants, tous deux collégiens, commente :
« Des filles arrivent au collège maquillées comme des adultes. D’autres sont habillées d’une manière très provocante. Lorsque je les vois, je me demande si elles viennent à l’école pour étudier ou pour un défilé de mode. Lorsque j’ai appris que le ministère a pris la décision de mettre un terme à cette situation, j’ai applaudi. Il est important de mettre de l’ordre dans l’école. Les enfants doivent apprendre les bonnes manières, mais pour atteindre cet objectif il faut la concertation de tous, parents, professeurs, administrateurs, autorité et les enfants bien sûr » note-t-il.
C’est le cas de Zahia, mère d’une lycéenne de seize ans, qui affirme …
« Il faut de la modération en tout. Il est vrai que l’école est un lieu d’éducation… Les excès sont évidemment à condamner. Des enfants bien éduqués n’ont rien à craindre. Ils sont à l’abri de toutes les dérives. Il faut aussi se mettre à l’évidence qu’en interdisant le maquillage et ce qu’on considère comme tenue extravagante, le ministère de l’Éducation réprime les libertés de nos enfants, il fait penser que l’habit fait le moine. Je ne crois pas qu’on puisse juger quelqu’un sur sa façon de s’habiller. Je laisse à ma fille la liberté de s’habiller comme elle veut. Elle se maquille un peu. Elle aussi est une excellente élève » explique-t-elle.
En dépit des critiques, le ministère de l’Éducation ne compte pas reculer et maintient les nouvelles mesures. Le problème des tenues indécentes renvoie certainement à un problème plus profond, celui de la perte de nos valeurs et celui de la perte du sens de la pudeur en particulier. cette vérité ne doit pas conduire au laxisme dans notre mode vestimentaire. L’habillement de chacun doit être adapté à chaque situation. Toutefois, l’interdiction du port de certaines tenues reste une mesure insuffisante, qui risque de perdre son efficacité. Il faudrait en plus une campagne de sensibilisation dans les écoles, les familles. Il faut expliquer aux jeunes qu’il y a des tenues pour l’école, des tenues pour les sorties quotidiennes et des tenues pour la plage. Il faut inculquer dès le bas âge aux jeunes ces valeurs.
Les premiers responsables dans ce travail d’éducation sont les parents. Ils sont les premiers à veiller sur l’habillement de leurs enfants. Ils ne doivent pas se dérober à cette tâche.
[via elmoudjahid.com]

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