Éducation & Savoir

Pour 9 millions de Chinois, le bac est un tremplin

Le Bac en chine

Une lycéenne de Shanghai, manifestement satisfaite de sa prestation, hier, à la sortie d'une salle d'examen. photo Reuters

Il est 18 h, en ce début juin. Les garçons viennent d’avaler leur dîner à la cantine. Dans la cour du lycée pékinois Sanlitun Yizhong, ils jouent au ping-pong ou au basket. « Les filles préfèrent rester au chaud, à l’intérieur, pour bavarder », précise Sun Yiran, 18 ans, affable capitaine d’une équipe de football.

La pause est de courte durée. Il faut faire vite dans cette dernière ligne droite avant le bac, le fameux gaokao (« l’examen du lycée ») : les cours de chinois, de maths et d’anglais, qui ont commencé à 7 h, ne finiront qu’à 20 h. Du lundi au samedi. Et ça dure ainsi depuis des mois ! Un lycée du pays a fait même plus fort : les élèves, tout en étudiant, recevaient de l’acide aminé par intraveineuse…

L’enseignement professionnel dévalorisé

« Tout le système éducatif chinois est uniquement tendu vers le gaokao, dès l’école maternelle, analyse Yong Zhao, universitaire basé aux États-Unis et spécialisé dans les sciences de l’éducation. Les bons élèves sont ceux qui répondent vite et bien. »

Avec succès : les Shanghaïens sont les premiers en lecture, en sciences et en mathématiques, selon le classement international Pisa. « Le gaokao, c’est l’affaire d’une vie, s’exclame le jeune Yiran. Mes parents m’ont envoyé dans une bonne école primaire pour que j’entre dans un bon collège avant que je n’intègre ce bon lycée. Je devrais réussir le gaokao. » Pour autant, l’ascension sociale sera-t-elle assurée pour ce fils unique de modestes employés ? Pas sûr.

Dans son blog, Xiong Bingqi, confrère de Yong Zhao, s’inquiète de « l’effervescence toujours aussi vive autour du gaokao, en dépit de la baisse du nombre de lycéens et de l’augmentation du nombre de reçus : de 6 millions, en 2008, à 7 millions en 2012. Il faut des notes encore plus excellentes, mais les ressources sont concentrées sur quelques établissements. À la réelle formation du plus grand nombre, l’excellence de quelques-uns a été préférée. »

Les professions manuelles, peu valorisées financièrement et donc socialement, ne font l’objet d’aucun véritable enseignement supérieur. « J’ai postulé pour étudier dans la finance, conclut le futur col-blanc Yiran. J’espère que j’aimerai ça. On verra, je n’en ai jamais fait ! »

[via]  Edgar Dasor, ouest-france.fr

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